Constructeurs automobiles : les raisons de la baisse des ventes de voitures neuves

Homme d'âge moyen devant voitures neuves en concession

Depuis le début de l’année 2024, les immatriculations de voitures neuves en France accusent une chute de 12 % par rapport à l’année précédente, selon les données du Comité des Constructeurs Français d’Automobiles. Les chaînes de production tournent en deçà de leur capacité, tandis que les stocks s’accumulent chez les concessionnaires.Cette contraction survient alors que l’offre de modèles électrifiés s’élargit et que plusieurs mesures de soutien public persistent. Pourtant, les chiffres contredisent les prévisions optimistes affichées par certains industriels à la fin de 2023.

Où en est le marché automobile français en 2024 ?

Le marché automobile en France traverse actuellement une zone de fortes turbulences. Les données du Comité des constructeurs français d’automobiles sont nettes : les immatriculations de voitures neuves ont plongé de 12 % sur les six premiers mois de 2024, un décrochage qui concerne tous les acteurs majeurs, de Peugeot à Renault en passant par Dacia.

Dans les concessions, l’ambiance a changé. Les clients hésitent, différant leur achat ou s’orientant vers les véhicules d’occasion, ulcérés par la montée constante des tarifs. Les voitures électriques et hybrides rechargeables affichent une progression, mais le recul général avale cette hausse. Avec maintenant 18 % de part de marché, le véhicule électrique progresse, mais trop lentement pour changer le visage du secteur.

Conséquence immédiate : les stocks enflent, les livraisons s’étirent, la filière doute de sa capacité à rebondir vite. Les industriels jonglent avec un marché automobile instable, entre usines ralenties, incertitudes liées à la transition énergétique, et un public qui ne se bouscule plus en concession.

Pourquoi les ventes de voitures neuves reculent-elles ?

Pour la plupart des ménages, l’obstacle numéro 1 reste le prix. Les étiquettes grimpent, y compris sur les entrées de gamme. Acquérir une voiture neuve devient hors de portée pour nombre de Français : en 2024, le prix moyen dépasse les 30 000 euros, et il devient difficile de trouver un prix d’appel qui fasse mouche. C’est donc tout naturellement que le réflexe guide d’achat penche de plus en plus souvent vers l’occasion ou le leasing, toute tranche d’âge confondue.

La baisse des ventes n’étonne plus personne. L’augmentation des prix à la consommation et la remontée des taux d’emprunt limitent la marge de manœuvre des acheteurs. La réflexion dure plus longtemps, les comparatifs s’étirent, beaucoup reportent l’acquisition ou tirent un trait définitif sur la voiture neuve. Ce constat, tous les vendeurs l’évoquent : l’hésitation prend le dessus.

La réglementation sur l’environnement n’aide pas à clarifier la situation. Entre les nouvelles exigences sur le CO2, les restrictions de circulation, les bonus-malus reformulés presque chaque année, choisir entre hybride rechargeable, électrique ou thermique tient parfois du casse-tête. À cela s’ajoute la hausse du tarif d’assurance auto et les aides fiscales qui varient sans cesse.

Plusieurs éléments se conjuguent actuellement pour freiner les achats :

  • Prix des voitures en hausse
  • Financements de moins en moins accessibles
  • Flou réglementaire persistant
  • Montée en puissance du marché de l’occasion

Quelles que soient les gammes, les constructeurs français voient leur clientèle se fragmenter. Le rapport qualité-prix s’impose comme la clef de toute décision d’achat.

Inflation, transition énergétique, nouvelles attentes : des causes multiples à la crise

La réalité de l’inflation se fait sentir dans chaque foyer. Beaucoup de Français repoussent l’achat ou privilégient le marché de l’occasion, car prix de l’énergie, des matériaux et des composants électroniques ne cessent d’augmenter. Les constructeurs répercutent logiquement ces hausses, rendant la nouveauté inaccessible pour une part croissante du public.

La transition énergétique s’ajoute à l’équation. Certes, les véhicules électriques trouvent de plus en plus preneurs, mais pour la majorité le ticket reste trop cher. Le nombre de bornes de recharge croît, mais la confiance hésite encore. Des normes en perpétuel mouvement, la perspective de la fin du thermique, un calendrier réglementaire incertain : tout cela brouille les projections. Faut-il franchir le cap du 100 % électrique ? Attendre l’hybride rechargeables plus abordable ? Ou reporter à demain en espérant des politiques publiques mieux définies ?

En même temps, les modes de transport évoluent vite, notamment en ville. Partage, location de longue durée, solutions multimodales : ces alternatives prennent une place grandissante, surtout pour les jeunes urbains. Aujourd’hui, la possession d’une voiture recule et l’on observe, chiffres à l’appui, que les volumes d’immatriculations de voitures neuves stagnent. Les constructeurs sont face à une série d’obstacles qui s’ajoutent les uns aux autres.

Voici les dynamiques majeures qui chamboulent le secteur :

  • Inflation prolongée qui met la demande à l’épreuve
  • Défi de la transition énergétique, à marche forcée mais pas toujours abordable
  • Refonte complète des comportements de mobilité

Jeune femme d

Quelles stratégies pour relancer la dynamique du secteur automobile ?

Pour faire face à la baisse des ventes de voitures neuves, la filière automobile explore plusieurs solutions. Les industriels, Peugeot, Renault et consorts, visent la démocratisation de la voiture électrique pour tenter de regagner du terrain, avec des modèles annoncés plus accessibles. Mais le coût réel des technologies propres et la lenteur du déploiement des recharges limitent pour l’instant l’explosion promise.

Le leasing social, testé début 2024, a suscité l’intérêt d’un public large : accéder à une voiture récente via un abonnement limité séduit ceux qui n’auraient jamais osé franchir la ligne du neuf. Les primes, promotions directes des constructeurs et aides des pouvoirs publics s’invitent encore en appoint, en particulier pour la clientèle urbaine.

L’innovation technologique accélère aussi. Les constructeurs investissent dans la connectivité, les aides à la conduite, la sécurité embarquée, mais cela ne suffira pas. Signe des temps, ils diversifient leurs offres, inventent de nouvelles formules, location longue durée, flexibilité, collaborations avec des acteurs du numérique, solutions de mobilité partagée.

On peut distinguer plusieurs pistes d’action parmi les plus mises en avant actuellement :

  • Modèles électriques et hybrides rechargeables proposés à prix étudiés
  • Offres de leasing et locations longues durées pour fidéliser une clientèle exigeante
  • Remises ponctuelles et promotions ciblées pour relancer les achats

Les habitudes d’achat ont changé : parcours digitalisé, comparateurs en ligne, clients ultra-informés et toujours plus difficiles à convaincre. Dans ce contexte, les marques françaises réajustent leurs stratégies, sans quoi la concurrence et la montée de la voiture d’occasion pourraient tout simplement leur passer devant sur leur propre territoire.

Dans cet univers en recomposition, une certitude : l’industrie automobile tricolore n’a plus droit à l’erreur si elle espère retrouver la faveur du public et reprendre la route du succès.