Naître à Tourcoing en 1946, dans une famille de professeurs, aurait pu tracer pour Brigitte Fossey un chemin tout autre. Pourtant, à deux ans, elle fréquente déjà l’école. À cinq ans et demi, elle s’aventure dans le cinéma, poussée par une audition organisée par René Clément. Ce dernier cherche une fillette pour son film et offre à Brigitte un premier rôle auprès de Georges Poujouly. Elle devient Paulette dans Jeux interdits, sorti en 1952. Ce film, couronné d’un Oscar du meilleur film étranger et primé à la Mostra de Venise, marque le public. L’éclat de la jeune actrice va jusqu’à fasciner la reine Élisabeth II elle-même. Après ce coup d’éclat, Brigitte Fossey apparaît dans deux autres films : L’amour d’une mère et La route joyeuse.
Brigitte Fossey : une figure marquante du cinéma des années 70
Après ses débuts prometteurs, Brigitte Fossey se retire temporairement des plateaux pour se consacrer à des études littéraires. Mais dix ans plus tard, elle opère un retour remarqué. Jean-Gabriel Albicocco l’invite à jouer dans Le Grand Meaulnes en 1967. Dès l’année suivante, elle donne la réplique à Alain Delon dans le polar Adieu l’ami de Jean Herman. Les années 70 s’enchaînent avec des rôles marquants. On la retrouve dans M comme Mathieu (1970), aux côtés de Bulle Ogier et Sami Frey, puis dans un film devenu culte : Les Valseuses de Bertrand Blier (1974).
Sa carrière s’accélère. En 1975, elle retrouve Georges Poujouly, son partenaire de Jeux interdits, dans le téléfilm Esprit de famille signé Marc Pavaux. Cette année-là, elle joue également dans Le Bon et les méchants avec Bruno Crémer, Marlène Jobert et Jacques Dutronc. D’autres collaborations s’ajoutent : Le Pays bleu sous la direction de Jean-Charles Tacchella en 1976, L’Homme qui aimait les femmes de François Truffaut en 1977, ou encore Les Enfants du placard de Benoît Jacquot la même année. Son interprétation dans Le Bon et les méchants lui vaut une nomination aux César en 1977, puis une nouvelle nomination l’année suivante pour Les Enfants du placard.
Brigitte Fossey ne s’arrête pas aux frontières françaises. Elle tourne à l’international, notamment avec Paul Newman dans le film de science-fiction Quintet réalisé par Robert Altman.
Une trajectoire riche des années 80 à 2000
Les années 80 voient Brigitte Fossey multiplier les rôles marquants. Sous la direction de Claude Sautet, elle incarne une toxicomane dans Un Mauvais fils. La même année, elle campe le personnage de Française Berreton dans La Boum de Claude Pinoteau, un film qui rencontre un énorme succès populaire. En 1982, elle reprend ce rôle dans la suite de La Boum. Cette année-là, elle est aussi membre du jury du Festival de Berlin. Son parcours la mène ensuite vers Enigma de Jeannot Szwarc, Le Jeune marié de Bernard Stora, puis La Scarlatine de Gabriel Aghion.
Jusqu’en 1990, elle reste présente sur grand écran, notamment dans Cinema Paradiso. Progressivement, elle s’oriente vers la télévision et devient un visage familier grâce à la saga estivale Le Château des oliviers. À la fin des années 90 et au début des années 2000, elle participe à de nombreux téléfilms, dont Un et un font six. Elle apparaît également dans Le Mystère Joséphine en 2009. Loin de se limiter à l’écran, elle monte aussi sur les planches, notamment en 2004 dans Grosse Chaleur, et propose des lectures publiques.
Vie personnelle : le parcours intime de Brigitte Fossey
La vie de Brigitte Fossey ne se résume pas à ses rôles. Elle partage sa vie avec Jean-François Adam, rencontré sur le tournage de M comme Mathieu. De leur union naît une fille, Marie Adam, en 1968. Le destin bascule en 1980 : Jean-François Adam met fin à ses jours à l’âge de 42 ans. Au début des années 90, Brigitte Fossey rencontre Yves Samama, chirurgien-dentiste, avec qui elle vit depuis.
Des rôles majeurs au cinéma et à la télévision
Le parcours de Brigitte Fossey déborde de diversité. Parmi ses grands rôles, on retient sa prestation dans La guerre des boutons (1962), où elle incarne Violette, ou encore sa participation aux comédies populaires Un éléphant ça trompe énormément (1976) et Nous irons tous au Paradis (1977), entourée de Jean Rochefort, Claude Brasseur, Guy Bedos et Victor Lanoux.
Mais elle sait aussi porter des rôles plus graves. Dans Une histoire simple (1978), drame réalisé par Claude Sautet, elle interprète Marie, une mère en proie à la trahison de son mari. Ce rôle lui vaut le César de la meilleure actrice en 1979.
Dans l’adaptation du Grand Meaulnes (1967), elle incarne Yvonne, croisant la route d’un Alain Delon alors au sommet. Sa carrière à la télévision est tout aussi dense : elle marque les esprits dans des séries comme Juliette Benzoni (1984) et Les Cordier, juge et flic (de 1994 à 2005).
L’engagement associatif de Brigitte Fossey
Au-delà de ses succès à l’écran, Brigitte Fossey s’investit dans plusieurs causes solidaires. Dès les années 80, elle se mobilise pour les enfants défavorisés et les personnes atteintes de maladies. En 1988, elle fonde l’association Aurore, qui accompagne les enfants malades et leurs familles. L’association organise des événements culturels pour financer la recherche sur le cancer pédiatrique.
Brigitte Fossey s’implique également auprès de La Chaîne de l’espoir. Cette organisation médicale envoie des soignants dans des pays en développement pour opérer gratuitement des enfants souffrant de malformations ou victimes d’accidents.
Son engagement ne s’arrête pas là. Depuis 1980, elle soutient activement le Secours populaire français : dons de vêtements, jouets neufs à Noël pour des familles modestes, l’actrice se montre généreuse sur tous les fronts.
Brigitte Fossey ne se contente pas d’une célébrité éphémère. Elle incarne une actrice engagée, soucieuse de faire bouger les lignes, à l’écran comme dans la vie réelle. Une trajectoire qui force le respect et invite, peut-être, à regarder différemment les visages familiers du grand écran.


