La contravention de 5e classe occupe une place particulière dans le droit pénal français : c’est la seule catégorie de contravention pour laquelle aucune amende forfaitaire ne s’applique. Le montant maximal atteint 1 500 euros, doublé à 3 000 euros en cas de récidive. Mais au-delà de ces plafonds, ce sont les infractions elles-mêmes qui méritent un examen attentif, notamment les évolutions entrées en vigueur en 2026.
Amende de 5e classe et autres classes : le comparatif des sanctions
Comparer les cinq classes de contraventions permet de situer la sévérité réelle de la 5e classe par rapport aux infractions courantes verbalisées chaque jour sur la route ou ailleurs.
A lire également : Voiture hybride rechargeable en roulant : comment ça marche ?
| Classe | Amende forfaitaire | Amende maximale (tribunal) | Exemple d’infraction |
|---|---|---|---|
| 1re classe | 11 euros | 38 euros | Non-présentation du ticket de stationnement |
| 2e classe | 35 euros | 150 euros | Absence de clignotant lors d’un changement de direction |
| 3e classe | 68 euros | 450 euros | Excès de vitesse inférieur à 20 km/h (hors agglomération) |
| 4e classe | 135 euros | 750 euros | Usage du téléphone au volant |
| 5e classe | Aucune | 1 500 euros (3 000 euros en récidive) | Excès de vitesse supérieur ou égal à 50 km/h |
L’absence d’amende forfaitaire pour la 5e classe signifie que le contrevenant est systématiquement convoqué devant le tribunal de police. Il n’existe pas de procédure simplifiée de paiement immédiat.

A découvrir également : Quelle assurance auto choisir en 2022 ?
DUERP et loi du 11 mai 2026 : quand la contravention de 5e classe recule
L’un des changements les plus notables de 2026 concerne le droit du travail. Le défaut d’établissement ou de mise à jour du DUERP (document unique d’évaluation des risques professionnels) était sanctionné par une contravention de 5e classe, sur le fondement de l’article R.4741-1 du Code du travail.
La loi du 11 mai 2026 a modifié ce régime. Ce manquement peut désormais faire l’objet d’une amende administrative prononcée directement par la DREETS, pouvant atteindre 4 000 euros par salarié concerné, et le double en cas de récidive dans les deux ans.
Le point technique à retenir : l’amende administrative et la contravention pénale ne se cumulent pas. L’administration doit choisir entre la voie pénale (tribunal de police, 1 500 euros maximum) et la voie administrative (amende DREETS, potentiellement bien plus lourde selon l’effectif). Pour un employeur de dix salariés, le risque financier passe d’un plafond de 1 500 euros à un plafond théorique de 40 000 euros par la voie administrative.
Ce basculement partiel illustre une tendance de fond : certaines infractions autrefois traitées exclusivement par le juge pénal migrent vers des sanctions administratives, plus rapides à mettre en oeuvre pour l’Inspection du travail.
Infractions routières de 5e classe : les cas concrets qui entrainent un retrait de points
La majorité des contraventions de 5e classe relèvent du Code de la route. Trois situations reviennent fréquemment devant les tribunaux de police.
Excès de vitesse supérieur ou égal à 50 km/h
Un dépassement de 50 km/h ou plus au-dessus de la limite autorisée constitue une contravention de 5e classe. Le retrait est de 6 points sur le permis de conduire. Des peines complémentaires sont possibles : suspension du permis, confiscation du véhicule, obligation de suivre un stage de sensibilisation.
En récidive, cette infraction bascule dans la catégorie des délits, avec des sanctions pénales nettement plus lourdes (emprisonnement possible).
Détention d’un détecteur de radar
Le fait de détenir ou de transporter un appareil destiné à détecter ou perturber les contrôles de vitesse (ou signalant la position des radars) relève de la 5e classe. Le véhicule peut être immobilisé et l’appareil confisqué.
Usage d’un écran dans le champ de vision du conducteur
L’utilisation d’un appareil doté d’un écran, placé dans le champ de vision du conducteur et non destiné à l’aide à la conduite ou à la navigation, constitue une contravention de 5e classe. Cette infraction vise les tablettes, lecteurs vidéo ou tout dispositif similaire utilisé en conduisant.
- L’excès de vitesse de 50 km/h ou plus entraîne le retrait le plus lourd (6 points) parmi toutes les contraventions
- La détention d’un détecteur de radar peut donner lieu à la confiscation du véhicule en plus de l’amende
- L’usage d’un écran non autorisé est sanctionné même si le véhicule est à l’arrêt moteur tournant, dans certaines configurations de circulation

Récupération de points après une contravention de 5e classe
Après une contravention de 5e classe avec retrait de points, le délai de récupération automatique est de 3 ans sans commettre d’autre infraction. Ce délai commence à courir à la date du paiement de l’amende ou de l’exécution de la sanction, pas à la date de l’infraction.
Un stage de sensibilisation à la sécurité routière permet de récupérer jusqu’à 4 points avant l’expiration de ce délai. Pour un conducteur ayant perdu 6 points d’un coup (excès de vitesse de 50 km/h ou plus), le stage ne suffit pas à compenser la totalité du retrait.
Contravention de 5e classe hors Code de la route : des domaines variés
Le Code de la route concentre les exemples les plus connus, mais la 5e classe couvre aussi des infractions dans d’autres domaines du droit :
- Les atteintes volontaires à l’intégrité physique n’ayant entraîné aucune incapacité de travail (violences légères) relèvent de la 5e classe selon le Code pénal
- Le non-respect de certaines obligations en matière de sécurité au travail (au-delà du DUERP) reste sanctionné par voie pénale à ce niveau
- La circulation sur une barrière de dégel, infraction spécifique au transport routier, est classée en 5e classe
La 5e classe marque la frontière entre la contravention et le délit. Un grand excès de vitesse commis une première fois est une contravention ; commis une seconde fois, il devient un délit passible du tribunal correctionnel. Cette mécanique de bascule entre contravention et délit est propre aux infractions les plus graves de cette classe, et constitue le vrai risque pénal à surveiller pour les conducteurs concernés.

